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DEFINITION :
Ce syndrome regroupe les manifestations dues à la compression du nerf médian dans le tunnel carpien.
RAPPEL ANATOMIQUE :
Le tunnel carpien est un défilé anatomique situé à la face antérieure du poignet constitué en arrière par les os du carpe et fermer en avant par un ligament de 2 à 3 mm d’épaisseur et d’une trentaine de mm de hauteur, le retinaculum des fléchisseurs .
Ce tunnel contient les tendons des fléchisseurs des doigts longs (index, majeur, annulaire et auriculaire) entourés de leur gaine avec le nerf médian.
SIGNES CLINIQUES :
Ce syndrome touche le plus souvent les femmes (4 fois sur 5) vers l’âge de 50 ans en période péri-ménopausique.
La consultation est motivée par des fourmillements (souvent en deuxième partie de nuit) et des engourdissements des trois premiers doigts de la main, le plus souvent au matin (acroparesthésies nocturnes) associés parfois à une perte de force. La douleur peut irradier dans l’avant-bras, le coude voire l’épaule.
A l’examen on peut reproduire les fourmillements par l’hyper extension dorsale prolongée du poignet (test de Phalen), la compression prolongée du nerf avant son entrée dans le canal, le test du brassard, la percussion en regard du canal (pseudoTinel) …
On recherche aussi des troubles de la sensibilité (hypoesthésie), une diminution du volume musculaire de l’éminence Thénar (amyotrophie). D’autres troubles trophiques sont possibles (œdème, hypersudation …).
CAUSES (ETIOLOGIES) :
Dans moins de la moitié des cas on peut retrouver une cause : diabète, acromégalie, hypothyroïdie, hyper-parathyroïdisme, polyarthrite rhumatoïde, synovite des fléchisseurs (inflammation des gaines autour des tendons fléchisseurs) infectieuses ou autres, grossesse, hémodialysés, anomalies anatomiques (muscles proéminents dans le canal …) post-traumatique (fracture du membre supérieur), professionnelle (gestes répétitifs de flexion/extension du poignet ou micro-traumatismes répétés en regard du canal…), tumorale exceptionnellement (tumeur du nerf, tumeur dans le canal) .
EXAMENS COMPLEMENTAIRES :
L’electromyogramme reste l’examen le plus utile avant de discuter un traitement chirurgical. Des imageries type IRM ou échographie peuvent être utiles en cas de recherche d’une cause de compression dans le canal (tumeur, ténosynovite des fléchisseurs …).
TRAITEMENT MEDICAL :
Dans les formes débutantes et/ou réversibles (exemple au cours de la grossesse), il est médical associant une attelle d’extension nocturne, des infiltrations, traitement de la cause …
TRAITEMENT CHIRURGICAL :
On le propose dans les formes plus évoluées et résistantes au traitement médical.
La section du retinaculum des fléchisseurs avec le carpi volare en proximal, suffit à libérer le nerf le plus souvent.
On peut y associer une synovectomie des tendons fléchisseurs lorsque la cause est une ténosynovite des tendons fléchisseurs .
Deux méthodes : la neurolyse (libération du nerf) par abord direct ou par vidéo-chirurgie.
SUITES OPERATOIRES :
La disparition des fourmillements (paresthésies) et des douleurs sont immédiates. Un déficit neurologique objectif peut mettre plusieurs mois à récupérer. La section du reticanulum des fléchisseurs donne une perte de force de la main qui va récupérer progressivement.
Une douleur en regard de la cicatrice, dans la méthode par abord direct, peut mettre plusieurs semaines à se résorber mais reste sans gravité. Dans la méthode par vidéo-chirurgie on peut avoir une douleur de la paume de la main qui se résorbe progressivement. La rééducation est parfois nécessaire quelque soit la technique.
COMPLICATIONS :
CONCLUSION :
Le syndrome du tunnel carpien est une pathologie fréquente et bien identifiée. Malgré la simplicité du traitement chirurgical, il ne doit pas être considéré comme anodin. Des variations anatomiques non prévisibles exposent à des complications graves (plaie du nerf médian) quelque soit la technique proposée.